POURQUOI SAINT MARTIN EST-IL A L’ORIGINE D’UNE FETE DUNKERQUOISE ?Mais un beau soir, notre babbelaere (bavard), tout occupé à tenter de convertir les autochtones, ne vit pas le temps passer, et quand il voulut reprendre la route accompagné de son âne, il faisait noir comme peckedoun’cre (noir comme de l'encre). Et plus moyen de retrouver l’âne, qui s’était éloigné !
Heureusement, le saint homme reçut immédiatement l’aide des pêcheurs du coin, qui lui offrirent l’hospitalité, mais aussi de tous leurs m’tits bout’che, qui eux partirent à la recherche de l’animal, après avoir enfilé les bottes et les manteaux de leurs pères. Guidés à travers la nuit noire par de nombreuses torches et manifestant leur présence à grand renfort de teutres (trompette), les enfants retrouvèrent rapidement l’âne, qui broutait paisiblement au milieu des dunes.
Ils entamèrent alors un retour triomphal accompagnés du baudet, dans une ambiance de fête, gardant toutes leurs lumières allumées et continuant à s’époumoner dans leurs instruments de fortune.
La joie et la reconnaissance de Saint Martin furent grandes, et l’on sait combien l’évêque est généreux. Mais il vivait dans le dénouement, ayant renoncé aux biens matériels, et n’avait pas grand choses à proposer à la joyeuse troupe d’enfants… Il rassembla alors les crottes (en flamand volaeren) laissées par son âne et les transforma en petits pains, pour le plus grand plaisir de tous. Les volaeren et croquendoules, spécialités boulangères de la fête de la Saint-Martin, étaient nés.
Depuis, tous les ans à la même époque, en ces jours où la nuit tombe dès la fin de l’après-midi, des processions d’enfants se mettent en route, dans toutes les villes de Dunkerque et des alentours. Les jeunes dunkerquois sortent munis de lanternes et chantent à tue-tête : ils commémorent ainsi l’héroïque recherche de l’âne de Saint-Martin, et auront droit, eux aussi, au moment de la dislocation du cortège, à leurs volaeren.